Le nu-folk, ou folk dépouillé, peut faire rêver en 2 mots qui eux, pourraient faire peur : Regina Spektor. La demoiselle n'a pas froid et se dénude sur scène, sans fausse pudeur. Respect.

Ayant quitté sa Russie natale pour le Bronx à 9 ans, Regina est un savant mélange de vodka cristalline et de corn-flakes accrocheurs. Elle coule, saisit puis griffe en une chanson. Difficile de décrire un univers si riche et épuré à la fois. Piano / voix émouvant à des années lumières d'une Tori Amos desséchée.
Née le 18 février 1980 à Moscou, ce petit bout de fille a déjà déroulé du câble en se risquant sur les scènes frigides des bars américains et européens. Dès 2001, elle se produit d'ailleurs 50 soirs de suite au Café de la danse à Paris. Volontaire et vivotant de petits jobs en concerts précaires, la fée venue du froid s'accroche. Bien fait pour nous.
Auteure, compositeure, pianiste confirmée et interprète équilibriste, Regina Spektor rentre dans l'oreille de Gordon Raphael un soir de 2003 pour ne plus en sortir. Conquis, le producteur propulse la belle en 1ère partie de son groupe phénomène : les Strokes. En 2004, après un duo remarqué sur le Reptilia de ces derniers ("Modern Girls and Old Fashioned Men"), le 3e album de Regina, Soviet Kitsch, est produit par le même Raphael. Début de gloire pour musique sensible.
Dans un style en rupture constante, un filet de voix nous retient et nous promène au dessus du vide. "Chemo Limo", extrait de Soviet Kitsch, est à l'image de la jeune femme determinée : tensions et respirations profondes. La mélodie, toujours proche de la cassure, parvient à adoucir nos craintes. Est et ouest réunis,  dans une guerre froide contre la médiocrité et l'ennui. Des tranches de textes qui tiennent au corps sur des tartines de son sans produits artificielS. Voilà le Nu-Folk.
Begin to hope, l'album suivant, parait en juin 2006 et c'est la consécration. 300.000 exemplaires sont vendus rien qu'aux USA. Le titre "The Call" devient le générique de fin du film Le monde de Narnia et le prince Caspian. En même temps, la vague folk se déverse. Regina éclot au grand jour aux côtés des fleurs Alela Diane, Cat Power ou Feist. Comme si Joan Baez et Fiona Apple avaient eu des filles...

Ce mois de juin 2009 va voir la sortie de Far, le dernier bébé de la belle américano-russe. Le premier single, "Laughing with" est en écoute sur le myspace  de Regina Spektor
Elle sera également au Bataclan le 1er juillet 2009, un concert à dévorer entre chaud et froid. Frissons et festin nu-folk.
Par Pruine
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Commentaires

"Regina Spektor meets the gravediggers" Si tu n'as jamais écouté, tu manques quelque chose... Il est tout dans la veine de "Après moi le déluge" - si c'est bien le titre de la chanson à laquelle je pense. Enfin, vu comme tu en parles, j'imagine que tu connais. Et Adela Diane... j'ai découvert il n'y a pas longtemps, c'est excellent.

J'en profite pour te dire que je kiffe grave tes articles :p
Commentaire n°1 posté par Lisa le 11/12/2009 à 00h37
Merci ça fait plaisir de lire quelquefois qu'on bosse pas pour rien ;) Oui je connaissais déjà le titre de la belle Regina dont tu parles. ça ne m'empêche pas de noter au passage que tu parles bien, que j'aime également ton boulot et surtout que ton lien est désormais sur mon site. Hop !!
Réponse de Pruine le 11/12/2009 à 12h44
Et bien évidemment pas de concert à Sydney.... paraitrait que c'est trop loin gnagnagna!
En tout cas, merci pour l'info, ce dernier album a l'air d'être une perle rare :)
Commentaire n°2 posté par Boulette le 14/06/2009 à 12h33
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 16:17

Publié dans : Le son cool - Communauté : Chroniques du temps présent

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