La grippe A c'est mon dada. Les infos ne parlent que d'elle, les malades se comptent sur les doigts et les gens flippent des bisous. Oh my god, on va tous mourir. Oui... mais pas d'un rhume.

La pandémie est là, c'est l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui le dit. Tous les médias nous le transmettent assez. Plus fort que la grippe, la peur de la grippe.
Et ça marche. Les industries pharmaceutiques ne se sont jamais aussi bien portées. En temps de crise ça fait plaisir. Rien qu'en France, le gouvernement a déjà dépensé près d'un milliard d'euros en prévision d'une attaque foudroyante du virus H1N1. Et même si l'action du Tamiflu est sujette à caution (voir interview de Marc Girard ci dessous), ces ventes ont été multipliées par 12 dans le monde entier et les actions en bourse du laboratoire Roche qui le produit, ont grimpé de 6%.
Dormez tranquille donc, les stocks d'antiviraux, de masques et de solutions hydroalcooliques sont blindés.
En revanche, dans les pays les plus pauvres de l'hémisphère sud, la grippe A inquiète. Selon une étude menée  par le professeur Christopher Murray de l'Université de Harvard, basée sur le taux de mortalité enregistré lors de la grippe espagnole de 1918-1919, si la pandémie annoncée avait lieu 96% des décès seraient à déplorer dans les pays à faibles revenus.

On ne se mouche pas du coude

Pour Adam Kamradt-Scott, chercheur à l'Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de l'Université de Londres : "Si un virus de ce type se diffusait dans les pays en développement, l'impact serait vraiment énorme". Cela est dû au fait qu'ils "n'ont pas d'infrastructures de santé, ils n'ont pas les ressources pour acheter des antiviraux et ils pourraient même ne pas avoir les moyens d'acheter les vaccins une fois que ceux-ci seraient disponibles", ajoute-t-il.
Ainsi, alors que les pays occidentaux, peu touché par le mal, achètent les médicaments par wagon, ceux qui ont le plus de risque d'en mourir n'en ont pas du tout. Bienvenu dans mon monde. Double effet Kiss Cool, certains industriels commercialisant le vaccin (Novartis, GlaxoSmithKline) font partie du comité d'experts désigné par l'OMS qui a décidé du passage à "l'alerte pandémique". La boucle est bouclée et le conflit d'interêt noyé de miasmes.
La peur est bien mauvaise conseillère. D'ailleurs pour relancer l'économie et limiter la surpopulation plus besoin d'une bonne guerre, une grippe suffit.


Marc Girard, Médecin Pharmacologue et expert devant les tribunaux
Par Pruine
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