Pourquoi le sweat à capuche nous agrippe tous entre ces fibres cotonneuses ? Comment ce sac à patate douillet a fait la conquête de nos placards ? Et finalement
pourquoi les fringues dirigent nos vies ?
Peut-être qu'on est pas des consommateurs, encore moins des
materialistes (genre), n'empêche que le choix du vêtement est crucial. Hors de question de partir bosser avec son pilou du dimanche. Et c'est bien dommage.
Prise de tête du matin boulot ou pas, il faut être branché sans péter dans son slim, sexy sans être la Lady Gaga du pauvre, à l'aise mais pas trop détendu du tanga.
Dans toute cette jungle textile hostile, il y a un ami fidèle du jour de grippe, du footing de l'année, de la sortie entre pote, du look "chuis pas si vieille quand même" : le sweat à
capuche.
On le porte dans le 16ème ou à la Courneuve. On le paye une blinde quand American Apparel sort sa collection mixte aux couleurs flashies. On rigole quand mamie met le sien tout en polaire pour
aller chercher des champignons. Avec ou sans motif, il en traîne un dans tous les placards. Même chez les criminels.
Bien sûr, le petit délinquant enfile son sweat noir et se colle la capuche sur les yeux pour ne pas être reconnu. Tout le monde le sait. D'ailleurs c'est à ce signe distinctif (la capuche) qu'on
reconnait la personne qui va se faire contrôler. Qu'elle soit noire (la capuche bien sûr) n'y change rien.
Plus remarquable reste la propension des hommes de 30/40 ans à porter forcément un sweat à capuche quand ils retrouvent le corps sans vie de leur femme. Le quadra actif aisé en sportswear est en
effet une figure récurrente des fictions policières de tous pays. Le mari tueur aussi. Si l'homme est medecin ou avocat et que le sweat en question est gris chiné, vous tenez le coupable.
CQFD.
On peut donc établir scientifiquement que le sweat à capuche est le chaînon manquant entre l'homme honnête et la raclure de bidet. L'ADN peut se rhabiller.
Quelque chose à dire ?