Écran total

Le mythe de Sherlock Holmes prend un coup de jeune. Filmé par Guy Ritchie, le détective et l'Angleterre victorienne deviennent rock n' roll. Et pourtant, cette adaption est plus fidèle qu'on ne pourrait croire à la vision d'Arthur Conan Doyle de son héros mythique.

http://static1.purepeople.com/articles/7/47/25/7/@/341778-le-film-sherlock-holmes-637x0-3.jpgSherlock Holmes est un chien fou, jeune, bagarreur et joueur. Le bad boy abuse de stupéfiants, oublie de se nourrir et de se laver, mais possède un implacable savoir dont il use pour combattre le crime. À ses côtés, le fidèle Docteur Watson pose comme un dandy rigoureux et réfléchi, cachant mal son goût pour l'action. Ce duo de frères de sang, campé par Robert Downey Jr et Jude Law, s'impose de lui-même. Dans les rues londonienne sombres et surpeuplées de l'ère industrielle, Guy Ritchie filment avec energie des gamins qui courent, sautent, se castagnent. Les méthodes de clipeur du réalisateur remarqué d'Arnaques, crimes et botanique, faisaient craindre le pire aux fans du détective anglais. L'écossais trouve pourtant ici un équilibre entre mouvement excessif du film d'action et plan carré seyant à l'époque victorienne.

Seul bémol, et de taille, le scénario qui n'est pas des plus frais. Basée sur une idée totalement inédite d'une pâle copie de nazi voulant conquérir le monde, la logique de Sherlock Holmes s'oppose à la magie noire. Le dangereux sorcier Lord Blackwood (Mark Strong) est un étrange mélange entre un Éric Besson musclé et un Nicholas Cage réveillé.
Passé cette déception, on s'amuse du jeu spontané de Robert Downey Jr.
mis à rude épreuve face à la femme fatale Irene Adler (Rachel McAdams), personnage issue de la nouvelle Un Scandale en Bohème. Sans forcer, l'acteur souvent confronté à ses propres démons (l'alcool et la drogue), habite l'extraverti Holmes comme personne avant lui (sauf peut-être Jérémy Brett pour la Granada entre 1984 et 1994 et Rupert Everett pour la BBC en 2004). Récompensé par un Golden Globe pour ce rôle, il brise l'image de Derrick anglais que les adaptations télé avait créé. Jude Law, lui, montre un Watson solide, loin du benêt collant son maître de criminologie.

Conan Doyle avait rêvé d'un homme fort et fou à la fois se jouant de la vie et de l'adversité comme un môme se croyant immortel. Cette nouvelle version s'en approche, même si trop de modernité peut refroidir l'imaginaire des fans.


Sortie française, le 3 fev. 2010

Infos en + :
  • Jude Law n'a jamais lu Conan Doyle. En revanche, il a joué aux côtés du magnifique Jeremy Brett dans l'épisode intitulé Les Souvenirs de Sherlock Holmes où il joue Joe Barnes.
  • Série actuellement diffusée sur TMC.
  • Le personnage de Sherlock Holmes a été inspiré par Joseph Bell (1837-1911), médecin et professeur britannique renommé, dont Arthur Conan Doyle suivait les cours en 1877. Bell impressionnait ses patients et élèves grace à ses sens aiguisés de l'observation et de la déduction logique. Scotland Yard fit appel à lui, notamment au sujet des meurtres de Jack l'Éventreur. Joe Bell fut ainsi le premier expert médico-légal de l'histoire.
  • Bell et Doyle sont les heros de la série Les Mystères de Sherlock Holmes actuellement diffusée sur Paris Première.
À lire : L'Homme qui était Sherlock Holmes, une biographie de Joseph Bell par Ely M. Liebow, ed. Baker Street.

  • L'homésologie (ou "étude holmésienne") est une science inventée, visant à retracer la vie du célèbre détective d'après les écrits du Dr Watson, son ami et biographe.
  • Cette science s'attaque dès lors à dénicher les incohérences de l'oeuvre de Doyle, celle-ci courant sur près de 40 ans !
  • Les sociétés holmésiennes (fan club) souvent au doux nom de Baker Street Irregulars, fleurissent toujours aux USA, au Japon et bien-sûr en Grande Bretagne. Les BSI, tirent leur appelation de la bande de gamins des rues qu'Holmes employait parfois comme indicateurs.
  • En France, la très active Société Sherlock Holmes est une référence.
Par Pruine
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Il fait du théâtre, des seconds rôles et des bonus, le tout avec doigté mais caché dans la mise en scène des autres. Il ose enfin être seul et dépouillé. Il nous parle de sa mère à qui il veut plaire. Comme toutes les filles.

http://medias.unifrance.org/medias/202/102/26314/format_affiche/guillaume-gallienne.jpgIl entre doucement sur scène et dans la lumière. Il déplie un éventail, l'agite, nous regarde. On frissonne. Enfin, sa voix fluette raisonne. Et nous rions. Voici le 513e sociétaire de la Comédie Française dans son propre rôle.
Les garçons et Guillaume à table ! est un enchaînement d'attente, d'émotions légères et de rire franc, à l'image même de Guillaume Gallienne son créateur et unique interprète. Bonne bouille de souffre-douleur capable du ton cassant de l'aristo fin de race, le comédien est fantastiquement souple.
En éternel grand-écart, il passe d'une situation, d'un personnage ou d'un sexe à l'autre dans le même élan. Il peuple l'espace de sa douce folie avec un naturel désarmant.
Entre larme de rire et d'émotion, il nous entraîne sur la corde raide et nous coupe en deux comme lui l'a été dans ses jeunes années. Parce que son vrai sujet c'est ça : l'équilibre.
Comment vivre entre son amour pour sa mère et ce que la société attend ? Comment rire de ce qui touche le plus ? Bref, peut-on être une femme qui en a ?

Le souci du détail dans l'économie de moyen frappe chez cet homme sans fausse pudeur. Guillaume Gallienne use de ses charmes parsemés avec grâce jusqu'à la chute forcément cinglante.
Voix et seconds rôles parfaits au cinéma (Marie-Antoinette de Sophia Coppola, Musée haut musée bas de Jean-Michel Ribes, Le Concert de Radu Mihaileanu, etc.), il est également un formidable conteur sur France Inter (ça peut pas faire de mal, le samedi à 18h10) et Canal+ (Les Bonus de Guillaume*).
Son humour apparaît sous forme de petits gestes, de rythme mesuré, de mots tombants justes, dans un souffle. Il emmène le rire loin, entre l'Angleterre et la Russie, entre pointe absurde et claque frustre, entre macho et pétasse. Il sait tout faire. Il est libre.


Les garçons et Guillaume, à table !
Pour réserver :
Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Paris (IXe). Jusqu'au 20 février.
Théâtre de l'Ouest parisien, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), du 18 au 30 mars.



*Les Bonus de Guillaume : Le comédien imagine le bonus DVD de succès du cinéma
tous les soirs dans Le Grand Journal.
Aujourd'hui Kill Bill, avec son personnage fétiche d'actrice ratée Judith Mathieu.
Par Pruine
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En 1993, Michael Jackson n'a rien tenté sur le pauvre Jordan Chandler, son accusateur.
Le mythe de la star pédophile fond comme son nez au milieu de la figure. Michael faisait rêver les mômes seulement sur scène.


Agé de 13 ans au moment des faits, le petit Jordan a eu l'immense chance de fréquenter le chanteur au top de sa gloire. Le père du gamin, Evan Chandler, aurait voulu profiter de l'aubaine. Le King of Pop ne se remettra jamais de la rumeur persistante.
Depuis, Michael est mort, Evan s'est suicidé et Jordan parle...

Par Pruine
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